Serge-Henri MOREAU
Serge-Henri MOREAU
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Peintre et lithographe, il est né à Saint-Mihiel en1892 et décède en 1963. Il fut élève de Cormon et de J.P. Laurens. On cite de lui une suite de quarante planches : Les Fortifs et la Zone. Il a exposé au Salon d'Automne à partir de 1919, à la Société Nationale dés 1920 et aux Indépendants depuis 1922 où il a exposé un nu , La femme blonde et Démolition des Fortifs en 1924. Il fut un des fondateurs du Salon des Tuileries.
Bibl. : "Bénézit 1999 T9"
Un petit fils de l'artiste Mr. Alain Orthlieb nous fait l'amabilité de nous permettre d'enrichir la biographie de l'artiste par ces lignes transmises le 01/07/2015. Merci à lui :
J'ai connu mon grand-père sur le tard. À ma naissance en mars 1940, il était déjà séparé de sa femme, Louisette Tollmer, qu'il avait épousé très tôt alors qu'elle avait seize ans et dont il a eu un seul enfant, ma mère Éva Jacqueline. Chez nous on, parlait très peu de lui à cette époque. Il m'écrivait tous les ans et je lui répondais. J'avais une photo de lui et à ma surprise il était encore si jeune et imberbe que je l'appelais, sans le connaître: "mon grand père sans barbe". Ma grand-mère habitait toujours son atelier au dernier étage du 45 boulevard Lefebvre, en face du Parc des Expositions. C'est de là que pendant de nombreuses années (1920-1930 environ) il partait explorer les fortifs "sur le motif" disait-il et d'où il a ramené la partie la plus originale de son œuvre, qui lui a valu le qualificatif de "peintre des fortifs". Je conserve deux toiles de lui de cette époque et aussi un manuscrit d'anecdotes glanées au hasard de ses rencontres avec les habitants de la "zone" avec lesquels il sympathisait; ouvrage enrichi de plusieurs eaux-fortes que je conserve également en vue d'une éventuelle édition. À l'époque où je suis né mon grand-père vivait dans un moulin à eau, au bord du Flan, au pied du plateau des Glières en Haute Savoie, à Thorens. Il fut témoin du maquis des Glières, fit quelques aquarelles des victimes de ce massacre et écrivit un livre: "Thorens, berceau du maquis". Il habita également Annecy, Côte Nemours, avec Marie-Jeanne sa seconde compagne que j'ai bien connue à l'époque de mon adolescence où j'allais passer quelques vacances de printemps. Il a fait de nombreuses toiles de paysages savoyards où les habitants le rencontraient parfois en promenade, la pipe aux lèvres. Et à leur question " Alors, bonne promenade, monsieur Moreau?" Il répondait toujours:"Je travaille". En les regardant d'un œil ironique. Je dis d'un œil volontairement parce que dans sa jeunesse il en avait perdu un. J'ai bien connu également ses parents que j'aimais beaucoup qui habitaient alors une petite maison à Hermé, en Seine et Marne, dont je possède une petite toile. Il existe un livre sur mon grand-père écrit en 1932 par Gustave KAHN et Jacques VIOLETTE. Je crois que qu'une ou deux toiles de lui sont au Musée Carnavalet à Paris. La RATP a utilisé deux dessins de lui illustrant la Porte de Versailles pour exécuter deux panneaux de céramiques à l'une des sorties de cette station de Métro. Deux autres dessins illustrent un ouvrage "Des fortifs aux périfs".

