Exceptionnel vase balustre "Lunes et Soleil"
Technique:
Lot n° 131
décor de soleil et de lunes, dans des médaillons crème, formant tabliers retenus par des chaînes, sur fond noir. Exemplaire à la lune bleue et rouge.
Signé sous la base "Dessin J. Lurçat - Sant-Vincens - AD n° 16/25 » .
A étant la référence pour la forme utilisée, D pour le décor, le tirage étant le numéro 16 sur un total de 25. H. : 55 - Diam. : 30 cm
(Excellent état de conservation).
Créée par Jean Lurçat, cette pièce fut tournée par Eugène Fabrégas, potier de l’Atelier Sant-Vicens, et supervisée par le chef d'atelier Gumersind Gomila, le tout sous la direction de Firmin Bauby.
Références : - Pour un des 25 exemplaires de ce vase, mais à lune orange et rouge : Christie's, Vente Design, 23 mai 2024, lot n°136.
Bibliographie : - Jean Lurçat, la Terre, le feu, l’eau, l’air. Catalogue de l’exposition du Musée Hyacinthe Rigaud, du 22 au 29 décembre 2024- Edition SilvanaEditoriale- œuvre semblable p.203
Provenance : Collection particulière, Menton.
Sur ce grand vase emblématique de l’artiste, aux formes féminines, dont un des tirages a été présenté récemment au Musée Hyacinthe Rigaud de Perpignan -exposition 2024 intitulée « Jean Lurçat, La Terre, le Feu, l'Eau, l'Air »- , on retrouve les symboles qu’il utilise de manière récurrente comme ces trois quartiers de lune, qu’il confronte et met en dualité, non pas avec la puissance masculine du taureau, comme il le fait souvent dans d’autres de ses œuvres, notamment sur ses tapisseries, mais ici avec le soleil, symbole de la vie. Cependant, l’imaginaire que Jean Lurçat nous appelle à partager, comme dans son œuvre peinte, « Le jour et la nuit – Le soleil et la lune », va bien au-delà d’une analyse conventionnelle. Citons Lurçat : pour lui le symbole n'est pas "convoqué en fonction d'un système de pensée précis ou d'une érudition convenue, mais situé en relation avec le monde de la poésie dont le Cosmos est le principal objet ». Le soleil est ici représenté, compartimenté dans son médaillon circulaire, comme un visage d’homme moustachu, moitié rouge, moitié vert, dardant ses rayons acérés au-delà du cercle tel un astre aux griffes d'obsidienne, cette pierre coupante utilisée par les prêtres incas pour les sacrifices. Dans ces correspondances symboliques (lune- soleil), réconciliation des contraires d’où naît l’harmonie, l’artiste Lurçat va un cran plus loin. Au rouge du soleil, comme la crète de ses coqs emblématiques, symbole de renaissance, il met en miroir, reprenant l'iconographie médiévale, incompatible et complémentaire en même temps, le vert, symbole de maladie et de mort, car, dit Jean Lurçat, « L'homme est à la fois minéral, végétal, eau et feu, plante et étoile. Il n'y a pas de cloisonnements précis entre toutes ces composantes de la réalité." Ainsi, ces chaînes, qui, comme les enchainements des mots en poésie, au-delà de nous proposer un rebus visuel, relient la lune au soleil, la nuit au jour, la maladie à la renaissance, la vie à la mort. En guise de conclusion, laissons la parole à l’artiste : « Avec mes cercles, mes soleils, je suis comme un prédicateur qui se balade dans la campagne en répétant, il n'y a qu'un Dieu, un seul Dieu, notre Dieu tout est Dieu… ".
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- LURÇAT Jean
