Le marchand de poisson vivant, et les marchands d’œufs d'esturgeon.
Lot n° 30
Dimensions non communiquées
Après avoir étudié auprès de Boucher (à qui il dédierait son premier recueil de gravures), Jean-Baptiste Le Prince partit pour la Russie en 1756, en passant par les Pays-Bas. Grâce à des recommandations, il fut employé parmi les artistes chargés de décorer le Palais d'hiver. Il apprit à connaître le Nord Ouest de la Russie, de Moscou à la Finlande, et eut accès à une importante documentation concernant le reste du pays (dont il se servit par exemple pour illustrer le Voyage en Sibérie de Chappe d'Auteroche, paru en 1768). Il réalisa ainsi de nombreux dessins en Russie même et après son retour en France en 1763, qu'il traduisit sur le cuivre et diff usa de 1764 à 1768 sous la forme de dix recueils.
Jean-Baptiste Le Prince créa pour ainsi dire et exploita largement un nouveau genre au sein du goût des Lumières en France pour l'exotisme, les «russeries» - comme il y eut auparavant des «turqueries» et des «chinoiseries».
Si ces oeuvres s'attirèrent les critiques de Diderot pour leur apparence de facilité, elles suscitèrent en revanche l'admiration de Grimm pour leur valeur esthétique comme pour l'attention qui y est portée aux costumes, coiff ures, attitudes, activités, habitations et objets du peuple russe. Elles ouvrirent en outre une voie d'inspiration nationale pour l'école russe de peinture.
«L'aspect documentaire de l'oeuvre retient moins l'attention aujourd'hui que l'originalité de son apport dans le courant d'exotisme du xviiie siècle. Libre à chacun d'interpréter les «russeries», elles donnent la mesure de la qualité des dessins, remarquables par la liberté de leur trait, et des peintures de Jean-Baptiste Le Prince, souvent confondues avec celles de Fragonard, et finalement, de son art virtuose et séducteur» (Marie-Liesse Pierre-Dulau, «Trois artistes lorrains à Saint-Pétersbourg au xviiie siècle», dans L'Influence fr ançaise en Russie au xviiie siecle, sous la direction de Jean-Pierre Poussou, Anne Mézin et Yves Perret-Gentil, Paris, Institut d'études slaves, Presse de l'Université de Paris-Sorbonne, 2004, p. 140)
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- LEPRINCE Jean-Baptiste
