Angel GRANDATY
Angel GRANDATY
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Plutôt que de parler de sa vie, il convient d’évoquer ses vies. Celles agenaises ont doublement été marquées par le rugby, puis la peinture.
Né le 27 avril 1919, à Moyeuvre-Petite, la première vie d’Angel Grandaty se déroule en Moselle où auprès de son père, sculpteur, il découvre la peinture. Alors âgé de 8 ans, il se rappelle d’une exposition à Nancy consacrée à Monet, peintre décédé l’année précédente. Il avait été secoué par le tableau « Sur la route de Vetheil », un paysage sous la neige qui l’aura marqué à tout jamais. Plus tard, il décrochera un diplôme de peintre décorateur dans une école professionnelle tendance art-déco.
En avril 1939, le service militaire l’éloigne de l’art. Caporal à 20 ans au 95e régiment d’infanterie de Bourges, il est mobilisé pour la Grande guerre. Son unité, après une incursion en Allemagne, se replie sur Bourges puis à Aiguillon au printemps 40.
Pendant trois mois, Angel Grandaty se cache dans une ferme aiguillonnaise avant d’incorporer le 150e RI, basé à Agen quartier Toussaint.
« J’ai suivi un copain… »
La guerre terminée, il se dirige vers Agen Sportif, le club de football, mais les places sont chères. Il s’oriente vers le rugby, armé de belles qualités physiques, tels ses 11,2 secondes aux 100 mètres (il arrêtera le chrono un jour à 11 secondes…), 6,29 mètres à la longueur et 1,60 mètre à la hauteur, le tout soldé par un titre de champion de Lorraine d’athlétisme en 1938. Son gabarit ? 1,76 m pour 79 kg. Son poste ? Trois-quarts aile.
« J’ai suivi un copain à l’entraînement et trois jours après je disputais mon premier match. Je n’avais pas trop compris les subtilités de la discipline. L’entraîneur m’avait seulement dit : ‘‘Tu prends la balle et tu fonces !’’ », aimait-il à raconter.
Lors de la saison 40–41, avec 46 réalisations, il termine meilleur marqueur d’essais. « Grandaty était une formidable machine à courir et à marquer », a écrit un certain Robert Rabal (nom du stade sis à côté d’Armandie…)
Angel Grandaty comptait parmi ses partenaires à l’arrière un certain Charles Calbet et à l’avant Albert Ferrasse… En 1943, il dispute et perd sa seule finale du championnat de France face à Bayonne (3–0)… seule défaite de la saison du SUA ! Il arrête sa carrière de joueur en 1950, à Mazamet, et intègre le staff médical.
S’il travaille à la mutuelle sociale agricole, il revient à ses premières amours autour de l’art. Plus encore la peinture. Il fait partie de l’école de Vérone… non pas celle de la cité italienne mais celle du Vallon sis entre Agen et Foulayronnes, où il rejoint d’autres amis passionnés.
Impressionniste, son coup de pinceau est reconnu dans le milieu et ses tableaux voyagent en France et traversent aussi l’Atlantique. Ses œuvres sont accrochées sur l’avenue de Broadway à New-York où, notamment, ses Ponts de Nérac, rencontrent un succès inespéré.

