Ensemble de 9 portraits miniatures de la famille de Louis-Philippe d’Orléans,

Ensemble de 9 portraits miniatures de la famille de Louis-Philippe d’Orléans, - Miniatures signées

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Lot n° 20
représentant de haut en bas et de gauche à droite : la princesse Louise d’Orléans, le duc de Chartres Ferdinand-Philippe d’Orléans, la princesse Marie d’Orléans, la duchesse d’Orléans Marie-Amélie de Bourbon-Siciles, le duc d’Orléans Louis-Philippe, Madame Adélaïde, la princesse Clémentine d’Orléans, le duc de Nemours Louis d’Orléans, et la princesse Françoise d’Orléans.

Les neuf miniatures peintes à la gouache sur ivoire, de forme ovale, cerclées d’or, appliquées sur une fine plaque ronde d’argent doré guilloché.

Présentées dans un cadre rectangulaire à suspendre en bois noirci à vue circulaire cerclée d’or bas-titre. Circa 1817-1818. H. 2,5 à 2,1 cm x L. 2 à 1,7 cm (miniatures).

H. 16 x L. 15,8 cm (cadre).

Provenance - Princesse Clémentine d’Orléans (1817-1907), fille du roi Louis-Philippe et de la reine Marie-Amélie. Possiblement offert comme cadeau de baptême par sa tante Madame Adélaïde, le 24 juillet 1817. - Son fils, le roi Ferdinand Ier de Bulgarie (1861-1948). - Sa fille, la princesse Nadejda de Bulgarie (1899-1958). - Son fils, le duc Alexander Eugen de Wurtemberg (1933-2024).

Historique

Cet exceptionnel ensemble de portraits princiers fut réalisé par le peintre en miniature nancéen Nicolas Jacques (1780-1844), dont on connaît plusieurs représentations intimes et officielles de la famille d’Orléans. Ce tondo de médaillons date de l’année 1817 (après la naissance de Clémentine, le 3 juin 1817) ou de l’année 1818 (avant le décès de Françoise, le 21 mai 1818), alors que Louis-Philippe ne compte encore que six enfants. Cette composition unique illustre à merveille la formule de Mathieu Deldicque et Julien de Vos dans l’ouvrage récent sur la reine Louise (voir Littérature) : « Il est des fratries qui ont changé le cours de l’histoire et ont modelé leur époque de leurs goûts. Parmi elles se trouvent, en bonne place, celles des princes et princesses d’Orléans, fils et filles du roi Louis-Philippe et de la reine Marie-Amélie. » Les miniatures, objets de mémoire pour une famille dispersée dans toute l’Europe. Pour le roi Louis-Philippe (1773-1750), porté sur le trône de France en 1830, la famille constitue une valeur forte, tant à titre personnel que politique. Les mariages et exils de ses enfants dans un contexte troublé politiquement font éclater cette cellule familiale, vitrine de son pouvoir. La famille d’Orléans conserva toutefois des liens forts malgré la distance et outre la correspondance, les portraits miniatures échangés permettaient de conserver l’image et le souvenir des uns et des autres. Véritables outils de médiatisation des êtres chers, ils avaient également un rôle mémoriel après une succession de décès prématurés. Le présent ensemble peut être rapproché d’un coffret en malachite conservé au Musée Condé de Chantilly et comportant onze miniatures semblables peintes par Nicolas Jacques dont certaines sont mal attribuées (inv. OA 1743). Jacques avait par ailleurs peint Louis-Philippe en costume de hussard à d’autres occasions comme l’attestent la miniature du Louvre (inv. 27238) et celle de la galerie Royal Provenance, peut-être inspirés d’un tableau d’Horace Vernet (1789-1863) (Château de Versailles, inv. MV 5217). Le portrait d’Adélaïde est très similaire à un autre portrait peint par Nicolas Jacques (Christie’s, Londres, vente anonyme, 9 décembre 2003, lot 205). Le coffret avait été offert par Adélaïde d’Orléans (1777-1847) à Louis-Henri de Bourbon-Condé (1756-1830) à l’occasion du baptême de leur filleul, Henri d’Orléans (1822-1897), futur duc d’Aumale. Il n’est pas impossible que le présent tondo de médaillons ait été lui aussi un cadeau de baptême après la naissance de Clémentine d’Orléans en 1817, puisqu’Adélaïde était également sa marraine et que cet objet provient de sa descendance directe. Sa sœur, la princesse Louise d’Orléans, reine des Belges, disposait également dans sa collection de différents objets à dimension mémorielle dont deux bracelets : le premier contenait des échantillons de cheveux de ses frères et sœurs et de ses proches dans des pendants en forme de cœur (musée Condé, inv. 2024.5.1) ; le second est constitué des portraits miniatures des yeux de différents membres de sa famille formant charms (musée Condé, inv.2024.6.1). Louis Philippe et sa famille : une ambition européenne. Appelé à régner comme roi des Français par un coup du sort en 1830, Louis-Philippe était d’autant plus empêché sur la scène européenne que les Bourbons étaient considérés comme les souverains légitimes du royaume de France. Par ailleurs, le père de Louis-Philippe avait voté en faveur de la mort de Louis XVI, ce qui continuait de faire planer un parfum de souffre sur sa lignée. Louis-Philippe n’eut de cesse de déployer des stratégies matrimoniales pour réintégrer sa famille dans le concert aristocratique européen et d’assurer l’influence de sa dynastie au-delà des frontières. Sur les dix enfants de Louis-Philippe et Marie-Amélie, seuls huit parvinrent à l’âge de se marier. Le premier mariage européen de la dynastie d’Orléans fut celui de Louis-Philippe avec Marie-Amélie de Bourbon-Siciles (1782-1866) à Palerme en 1809. Cette première alliance était aussi honorable qu’inespérée à un moment où il n’était qu’un prince en exil. Héritier de la dynastie, Ferdinand-Philippe (1810-1842), duc de Chartres puis duc d'Orléans, mourra accidentellement à 32 ans après avoir épousé Hélène de Mecklembourg-Schwerin (1814-1858). Leur fils resta dans les mémoires comme comte de Paris (1838-1894), concurrent au comte de Chambord (1820-1883) pour le trône de France jusqu’à la IIIe République. L’aînée des filles, Louise d’Orléans (1812-1850) épousa en 1832 Léopold Ier des Belges (1790-1865) issu des Saxe-Cobourg-Gotha, récemment installé sur le trône de Belgique. Première reine de ce royaume fondé en 1830, Louise d’Orléans permettait à la France de redorer significativement son blason et de renouer avec une certaine influence française en Europe de Nord. Marie d’Orléans (1813-1839), quant à elle, épousa Alexandre de Wurtemberg (1804-1885), union à l’origine de l’actuelle dynastie des Wurtemberg. Louis d’Orléans (1814-1896), prince de Nemours, second dans l’ordre de succession, maria Victoire de Saxe-Cobourg-Gotha (1822-1857). Clémentine d’Orléans (1817-1907) s’unit tardivement en 1843 à Auguste de Saxe-Cobourg-Gotha (1818-1881). Réputée vivier de roi, cette famille allemande partageait son temps entre Vienne et Cobourg. Un de ses fils, Auguste (1845-1907), épousa Léopoldine de Bragance, princesse du Brésil (1847-1871) tandis qu’un autre, Ferdinand (1861-1948), se fit proclamer roi de Bulgarie. François d’Orléans (1818-1900), prince de Joinville, épousa Françoise de Bragance (1824-1898), princesse du Brésil. Toutefois, il poursuivit essentiellement une carrière dans la Marine, le conduisant à des missions militaires et diplomatiques à travers le monde au service de la monarchie. Henri d’Orléans, duc d’Aumale, épousa Marie-Caroline de Bourbon-Siciles (1822-1868), issue de la même famille que sa mère. Antoine d’Orléans (1824-1890), duc de Montpensier, eut un destin des plus frustrants : devenu infant d’Espagne, après son prestigieux mariage avec Louise-Fernande de Bourbon (1832-1897), il fut freiné par les intrigues politiques et n’accéda jamais à la couronne. Françoise (1816-1818) et Charles (1820-1828) moururent respectivement à 2 et 8 ans. Oeuvres en rapport - Nicolas Jacques (miniatures), Würtel (mécanisme), Boîte à musique en malachite, Chantilly, musée Condé (inv. OA 1743). - Nicolas Jacques, Portrait miniature de Louis-Philippe en costume de hussard, Paris, Musée du Louvre (inv. 27238). - Nicolas Jacques, Portrait miniature d’Adélaïde d’Orléans, Christie’s, Londres, vente anonyme, 9 décembre 2003, lot 205. - Bracelets aux pendants formés d’yeux en miniatures, Chantilly, musée Condé (inv. 2024.6.1). - Bracelets aux pendants en forme de cœur, Chantilly, musée Condé (inv. 2024.5.1). Littérature - Valérie Bajou (dir.), Louis Philippe et Versailles, cat. exp., château de Versailles, 2018-2019, Paris, 2018. - Mathieu Deldicque, Julien De Vos, Louise d’Orléans, première reine des Belges, un destin romantique, Cat. Exp. Musée Condé, Château de Chantilly, Musée des Arts anciens du Namurois, Namur, 2024-2025, Paris, 2024. - Stéphanie Deschamps-Tan, Côme Fabre, Florence Viguier-Dutheil (dir.), Ferdinand Philippe d'Orléans, Images d'un prince idéal, Cat. Exp. Musée Ingres-Bourdelle, Montauban, du 18 juin au 24 octobre 2021, Paris, 2021. - Anne Dion-Tenenbaum, Marie d'Orléans, 1813-1839, Princesse et artiste romantique, Somogy, Paris, 2008. - Anne Martin-Fugier, Louis-Philippe et sa famille, 1830-1848, rééd., Paris, 2012.