Artlorrain.com a décidé de s'intéresser aujourd'hui à un paysagiste mosellan bien injustement oublié : Charles-Auguste ROLLAND.
Cet artiste nait à Metz en juin 1797 pour mourir, non loin de là, dans la commune de Rémilly (57580) en avril 1859
Dans son ouvrage "La Moselle et ses artistes" Pierre Brasme a, en 2002, longuement évoqué le parcours de l'artiste.
Fils d'un notaire de Rémilly, il poursuit ses études à Sarreguemines avant de rejoindre la capitale pour entrer au Lycée Louis-le-Grand où, brillant élève, il espère préparer son entrée à l'Ecole Polytechnique.
Ses projets n'ayant pas abouti, il rentre en Lorraine et poursuit ses études secondaires en particulier à Strasbourg.
De retour à Paris, il change son orientation et est licencié en Droit puis devient avocat à Metz.
Sa passion pour le dessin le ramène à Paris où il étudie l'architecture en visitant le Louvre et toutes les expositions locales.
C'est en 1832 qu'il se lance dans une carrière artistique et se lie avec le maître messin Laurent-Charles MARÉCHAL qui lui enseigne la technique du pastel.
Après 1834, il voyage beaucoup et expose dans le cadre de la Société des Amis des Arts de Metz avec Aimé de LEMUD et Théodore DEVILLY.
Il se voue à la peinture et devient peintre paysagiste, peintre animalier, peintre de la campagne lorraine, peintre de la chasse et des chasseurs.
En frontispice de cet article, nous vous présentons ce grand pastel (77cmx100cm ) : " L'hallali du sanglier" mis aux enchères en septembre 2002 à Münich pour être cédé pour 2000 euros hors frais.
Après 1845, il se rapproche de Christophe FRATIN pour qui il modèle des animaux de sa campagne lorraine.
Il vit désormais totalement à Rémilly où il est le maire.
Il y décédera précocement à 62 ans.
En 1861, lors de l'Exposition Universelle de Metz, vingt-deux oeuvres sont présentées et très appréciées.
A l'occasion du centenaire de sa naissance, la commune de Rémilly lui a rendu un hommage très documenté.
Je vous propose de découvrir, maintenant, quelques autres oeuvres de l'artiste, que vous pourrez retrouver sur sa fiche :
ce "Couple d'ours" :
Ces "Sanglier" et "Loup et chiens" mis en vente en Espagne en 2011 :

"La meute sous bois" adjugé pour 950 € hors frais en 2012 :

"Paysage animé" cédé pour 1350 € en 2014 :

Un "Troupeau à la rivière" adjugé 500 € en 2018 :

Apprécié sur le marché allemand, et toujours avec son moyen de prédilection, le pastel, Ch. A. Rolland était présent à Sarrebrück en février 2019 avec ce grand dessin "Paysage aux vaches et à l'étable" estimé 500 euros :

Nous voyons bien que par le choix du pastel, l'artiste contribue à remettre cette technique à la mode pour la représentation de la nature au cours des années 1840.
Son œuvre s'inscrit pleinement dans la veine naturaliste. Ses sujets de prédilection sont les paysages ruraux de la Moselle et les représentations très précises d'animaux.
Le « Barbizon mosellan » :
C'est ainsi que l'historien Albert Eiselé qualifiait le village de Rémilly (où l'artiste a passé une grande partie de sa vie), tant la nature environnante a inspiré les paysages et scènes de sous-bois d'Auguste Rolland. Certaines de ses œuvres sont aujourd'hui conservées dans des musées de l'Est de la France, comme au MUDAAC à Épinal.
Un bel exemple de sa production lorraine va, le 31 octobre prochain et sous le marteau de Maître Ruellan de Vannes (Morbihan) être mis aux enchères.
Avec une estimation bien faible "Le troupeau" pourra tenter un amateur paysagiste par la belle qualité de son coloris :

Nous ne sommes pas loin d'artistes autrement plus renommés comme Théodore ROUSSEAU, Jules DUPRÉ, Jean-François MILLET ou Charles-François DAUBIGNY mais la campagne lorraine était certes moins attirante que la nature de Barbizon. L'Ile de France attirait tous les regards ! .
Robert LETERRIER