Jeanne d'Arc
Technique:
Lot n° 210 - Attribué à .....
Armoiries de Jeanne d'Arc en haut à gauche.
Haut. 63 Larg. 51,5 cm.
Restaurations anciennes et soulèvements.
Provenance : famille de Haldat du Lys, Charente.
Bibliographie :
- Henri Wallon, "Jeanne d'Arc", Paris, Firmin Didot, 1876, œuvre reproduite p.472.
- Charles Nicolas Alexandre Haldat du Lys, "Examen critique de l'histoire de Jeanne d'Arc, suivi de la relation de la fête célébrée à Dom-Remi en 1820", et de "Mémoires sur la maison de Jacques d'Arc et sur sa descendance", Nancy, Grimblot et veuve Raybois, 1850, gravure reproduite comme de Claude Deruet. p.294.
RARE ET UNIQUE PORTRAIT DE JEANNE D'ARC CONSERVE DANS SA FAMILLE
Ce portrait aux cheveux détachés, avec chapeau, plume et épée sur l'épaule est l'un des plus anciens qui soit connu. Il est contemporain de la gravure en sens inverse de Zacharie Heintz (1611-1669) intitulée Puella Aureliaca (Paris, musée Carnavalet, n°G.25201). Cette iconographie participe au regain johannique initié à la cour d'Henri IV par son conseiller Charles du Lys (1559-1632), qui publie en 1628 un "Recueil d’inscriptions et poésies en l’honneur de la Pucelle d’Orléans".
L’image de Jeanne d’Arc (1412-1431) n’est en effet pas connue et chacun se l’approprie. Le seul portrait réalisé de son vivant est l’œuvre d’un greffier en marge d’un registre du Conseil du Parlement de Paris le 10 mai 1429, entendant parler de ses exploits - mais qui ne la vit jamais. Conservé aux archives nationales, ce dessin représente la sainte en robe et cheveux longs (X/1a/1481 [AE/II/447], fol. 12r).
« O Jeanne sans sépulcre, et sans portrait, toi qui savais que le tombeau des héros est le cœur des vivants... Jeanne sans portrait... » proclame André Malraux à Orléans le 8 mai 1961.
La question de la généalogie de Jeanne d’Arc est tout aussi complexe que celle de sa représentation. La famille d’Arc, ou du Lys, qui est originaire de Lorraine a été anoblie en 1429 par Charles VII, lui donnant les armoiries présentes sur ce tableau : « d'azur à une épée d'argent garnie d'or mise en pal et féue dans une couronne royale du même, accostée de deux fleurs de lys aussi d'or. » La famille d’Arc s’éteint en 1493 mais certaines familles prétendent toutefois en descendre en ligne féminine. C’est le cas de Jeanne Talbert d'Arc, l’épouse de l'écrivain Georges Bernanos, mais surtout des Haldat du Lys. Fille de Pierre d’Arc, le frère de Jeanne, Catherine d'Arc du Lys (1455-1545) épouse Georges de Haldat (1455-1544). C’est son lointain parent, le médecin et physicien Charles de Haldat (1760-1852) qui ajoute en 1816 « du Lys » à son patronyme : l’autre nom de la famille d'Arc pour relever son ascendance. C’est alors que les Haldat du Lys prennent également les armoiries de la famille d’Arc.
« Nous descendons tous d'un roi et d'un pendu. » rappelle avec facétie Jean de La Bruyère dans ses Caractères en 1688.
Ce rare portrait, publié dès 1850, réunit donc deux qualités rares qu’étoffent la tradition familiale :
- Il est d’une part conservé depuis l’origine par une famille revendiquant descendre par les femmes du frère de Jeanne, lui-même anobli par le Roi et fait chevalier du porc-épic par Charles d'Orléans.
- Il est d’autre part vraisemblablement réalisé d’après le modèle d’une ancêtre, partageant avec Jeanne d’Arc un capital génétique en commun, qui en ferait ainsi l’un des visages vraisemblables les plus fidèles de la Pucelle d'Orléans.
Vente à 37510 Villandry
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- DERUET Claude
