"La bonne fortune"
Technique:
Lot n° 123
Signé Francesco Colombo/de Lorraine pingebat sur le papier que le jeune protagoniste tient entre ses doigts Huile sur toile,
180X236 cm
Le tableau a été déclaré d'un intérêt artistique et historique extraordinaire et soumis à notification ; il ne peut donc pas être exporté d'Italie. Le tableau a été déclaré d'intérêt historique et artistique extraordinaire et soumis à un régime de notification, il doit rester en Italie et ne peut pas être exporté à l'étranger.
Bibliographie : F. Baldassari, Un nuovo dipinto per François Colombe, caravaggesco lorenese, in Nuovi Studi, 24, 2018-2019, pp. 111-113
L'œuvre présentée ici est un rare témoignage de la production picturale de François Colombe Du Lys, un artiste qui vécut à Toulouse mais fut actif à Rome entre la deuxième et la troisième décennie du XVIIe siècle, appartenant ainsi à la deuxième génération de peintres caravagesques français, entre George de La Tour et les frères Le Nain. Outre sa qualité et sa grandeur extraordinaires, le tableau se distingue par une belle conservation, une palette de couleurs raffinées et une luminosité abstraite qui évoque autant Ter Brugghen que La Tour. En ce qui concerne le séjour italien du peintre, Francesca Baldassari estime qu'il doit être placé avant 1622, mais les points d'appui chronologiques sont très incertains, sauf pour signaler une déclinaison stylistique de l'influence toscane d'Andrea Commodi, que le peintre a pu voir tant à Rome que lors d'un séjour florentin plausible. Cela dit, les citations des États des âmes où sont mentionnés de nombreux "Francesco Pittore" ou "Francesco Francese Pittore" ne sont pas non plus d'un grand secours. Il reste à dire que Colombe, tout en exprimant une narration caravagesque, se distingue de ses compatriotes et des adeptes de la "Manfrediana methodus" par une direction de la lumière et une sensibilité chromatique aux accents nordiques, évidente dans le soin avec lequel il décrit les vêtements des protagonistes et la mimesis des étoffes. Il convient également de noter que la scène offre une narration plus large que l'iconographie traditionnelle de la "Bonne Fortune", dans ce cas le volé n'est pas le jeune homme richement vêtu, mais son serviteur armé d'un fusil, tandis que le second aide au jeu, qui regarde vers nous, ne remarque pas le vol en cours et semble nous offrir un véritable portrait, probablement le visage même de François Colombe. Ainsi, l'ensemble démontre la félicité picturale et inventive de l'auteur qui, malgré son jeune âge, réussit à exprimer une veine créatrice très personnelle, détachée de la mode caravagesque en vogue.
Bibliographie de référence : P. Rosenberg, François Colombe du Lys, un caravagesque romain, in Prospettiva 57/60. Écrits à la mémoire de Giovanni Previtali, 1989-1990, II, pp. 241-243
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- COLOMBE du LYS François
