Vue du château Renaissance de Neuviller-sur-Moselle

Vue du château Renaissance de Neuviller-sur-Moselle - Huile sur toile signée

Lot n° 74
107cmx158cm

Provenance : - Probablement collection de Louis-Othon de Salm (1674 - 1738), Neuviller. - Collection du chancelier Antoine-Martin Chaumont de La Galaizière (1697 - 1787), Neuviller. - Son fils, Antoine Chaumont, marquis de La Galaizière (1727 - 1812), Neuviller. - Vente révolutionnaire des biens des Comtes de Chaumont, 21 janvier-6 février et 4-7 mars 1793, tableau représentant l ancien château vendu 10 livres (Archives départementales de Meurthe-et-Moselle, cit. Pierre Boye, Le Chancelier Chaumont de La Galaizière et sa famille , Le Pays Lorrain, t. 30, p. 485, n. 5). - Collection de Louis-Maurice de Malglaive (né à Nancy en 1841), Neuviller, en 1893. - France, collection particulière. Principal peintre nancéen du premier tiers du XVIIIe siècle, Jacquard fut l un des plus brillants élèves de Claude Charles et le chroniqueur des grands événements de l aristocratie lorraine, comme le Mariage de Marie-Anne-Louise, marquise de Lunati-Visconti avec le prince Antoine Esterhazy dans la chapelle du Château de Lunéville (1735, Fondation Esterhazy, Eisenstadt, Autriche). Léopold Ier, duc de Lorraine, le nomma peintre ordinaire de son altesse royale en 1714 et lui offrit la survivance de la charge d héraut d armes en 1719. La principale uvre de Jacquart fut la fresque de la coupole de la cathédrale primatiale de Nancy, commanditée par le duc et la duchesse de Lorraine et commencée en 1723. Le château fort de Neuviller-sur-Moselle est mentionné à l époque médiévale. A partir de 1533, le rhingrave Jean de Salm devint le propriétaire du château de Neuviller, qui fut rasé et remplacé par un château Renaissance en 1553, selon la volonté du rhingrave François-Philippe de Salm. En 1749, le fief de Neuviller fut vendu par les Salm au roi Stanislas Leszczynski. Celui-ci céda le domaine à son chancelier, Antoine-Martin Chaumont de La Galaizière qui fit raser le vieux château à l exception de quelques murs d enceinte et édifier à son emplacement une nouvelle demeure qui rivalisait d élégance avec Lunéville. Du château de Neuviller, ne subsistent aujourd hui que des dépendances et une partie du logis principal, inscrits partiellement au registre des Monuments Historiques en 1993. Cette oeuvre est vraisemblablement une commande du dernier des Salm à habiter le château, le rhingrave Louis-Othon (1674-1738), qui souhaitait ainsi immortaliser son bien et ses terres. C est une vue topographique très correcte du château Renaissance disparu peu après. Plusieurs descriptions de l'ensemble viennent conforter la véracité de cette description. On reconnaît par ailleurs l'église de Neuviller et le mur face à la rivière qui existent toujours. L'artiste opta pour une représentation en plongée avec un premier plan rapproché qui reprend les codes des scènes de batailles et de sièges et lui permet de montrer les cours intérieures de la demeure, les champs et les rues de Neuviller. La touche est lisse et rapide dans le traitement du paysage, influencée par la peinture flamande de la fin du XVIIe siècle, tandis que le dessin des éléments d architecture est précis et méticuleux. On retrouve la même technique dans l'une des oeuvres précédentes de Jacquart, Vue du château du Pâquis et du village de Pompey, peinte vers 1725 pour le marquis Ferdinand de Lunati-Visconti, propriétaire du château et favori du duc Léopold de Lorraine (Nancy, Musée Lorrain). Contrairement à ce vaste panorama, notre toile se concentre davantage sur la distribution ingénieuse du château au plan pentagonal, mais aussi sur les villageois qui vaquent à leurs occupations quotidiennes. L'artiste glisse ça et là des détails amusants, à l'instar du personnage en bas à droite de la toile, vêtu d'une redingote rouge, en train de dessiner et qui pourrait être l'autoportrait de l'artiste, ou encore d'un cigogneau dans son nid sur la lucarne de la tour de gauche et d'une cigogne dans le ciel qui lui apporte sa pitance. Bibliographie (cité sous le nom d auteur erroné Inquart ) : Charles Gérard, Histoire d'un village lorrain, Neuviller-sur-Moselle, Nancy, 1936, p. 17-28, repr. p. 18, pl. IV. Jacques Charles-Gaffiot (dir.), Lunéville, fastes du Versailles lorrain, vol. I, Paris, éd. Didier Carpentier, 2003, p. 186, repr. (comme perdu). Yvan Christ, Meurthe et Moselle, collection Le guide des Châteaux de France , Paris, Hermé, 1985, p. 111, repr. Pierre Boye, Le chancelier Chaumont de La Galaizière et sa famille , Le Pays Lorrain, t. 30, p. 485, repr. Jean Pierre Babelon, Châteaux de France au siècle de la Renaissance, Paris, 1989, p. 805